L’hôpital psychiatrique Alexianen de Tirlemont devient entièrement sans tabac
Plus qu’un simple hôpital, la volonté de l’hôpital psychiatrique « PZ Alexianen » de Tirlemont est avant tout d’être un centre de santé où les patients sont accompagnés vers un mode de vie sain et un rétablissement durable. Des soins sans tabac sont la suite logique de cette démarche. Cette vision a été officialisée le 1er juin, au lendemain de la Journée mondiale sans tabac. Depuis lors, l’hôpital est entièrement sans tabac.


Au-delà des mesures sans tabac légales : un choix réfléchi
L’hôpital devait bien entendu déjà se conformer à la législation relative aux environnements de soins sans tabac, mais il a délibérément choisi d’aller encore plus loin. Parce que les patients, les visiteurs et le personnel ont droit à un environnement de travail et de soins sans tabac.
L’hôpital souhaitait mettre fin à la banalisation du tabagisme dans l’environnement de soins. Jill Hermans, directrice en charge des soins aux patients, explique le raisonnement : « Des études scientifiques montrent que la banalisation du tabagisme chez les personnes présentant une vulnérabilité psychique accrue entraine une mortalité plus élevée et une perte notable d’années de vie. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le tabagisme est même la principale cause de décès évitable dans ce groupe. »
Les effets du tabagisme sur le bien-être mental
Même si les fumeurs peuvent avoir l’impression que fumer diminue leur stress, leur agitation ou leur anxiété, c’est en réalité tout le contraire. « La nicotine procure un sentiment de soulagement très bref. Une envie très forte se fait ensuite directement ressentir. Ce cycle infini d’agitation et de besoin peut en réalité provoquer davantage de tension et d’irritabilité », précise Jill Hermans.
Michel Schuurmans, tabacologue, approuve et ajoute que le tabagisme peut également aggraver des troubles dépressifs. Par contre, arrêter de fumer peut entrainer une diminution des symptômes d’anxiété et de dépression. L’arrêt du tabac renforce donc le traitement dispensé à l’hôpital psychiatrique.
Éviter ou arrêter de fumer
Les soins sans tabac n’entrainent pas une obligation d’arrêter de fumer pour les patients et les membres du personnel. Arrêter de fumer reste un choix personnel, mais pendant le séjour à l’hôpital ou plus globalement lorsque l’on est sur le site de l’institution, le tabagisme est délibérément retiré de la routine quotidienne.
Les personnes qui souhaitent arrêter de fumer peuvent compter sur un accompagnement. L’hôpital peut compter sur un tabacologue, un accompagnement individuel pour arrêter de fumer est proposé, et des séances de groupe sur le sevrage tabagique sont également organisées.
La réflexion est en cours pour trouver le meilleur moyen de réutiliser les cabines fumeurs. L’hôpital souhaite qu’elles deviennent des espaces de détente et de rencontre, comme elles l’étaient auparavant pour les fumeurs. Elles contribueront ainsi aussi au bien-être et au bon rétablissement des patients.
Tabagisme visible et passif
Un environnement de soins sans tabac est aussi important les personnes qui ne fument pas (ou plus). D’une part parce que le tabagisme passif régulier présente un risque pour la santé, et d’autre part parce que voir fumer incite à fumer. Ainsi, on a constaté que certains patients qui avaient pourtant arrêté de fumer, ont recommencé pendant leur hospitalisation. Avec cette évolution vers un environnement sans tabac, l’hôpital souhaite également éviter que des personnes ne (re)commencent à fumer ou à vapoter.
Votre établissement de soins souhaite aussi devenir un environnement sans tabac ? La page https://generationssanstabac.be/secteur/soins vous propose des conseils et informations.
